L'extérieur du théâtre de la ville qui datait du XVIIIe siècle paraissait très vieux et tout abîmé. En revanche, l'intérieur qui avait été récemment restauré était très luxueux.: le maire et le conseil municipal avaient décidé de faire changer tous les tapis rouges se trouvant sur les marches des escaliers et de repeindre le hall d'accueil. On pouvait voir des peintures, du velours rouge et des lustres de cristal à tous les étages.
Tonio et Alexandra montèrent s'installer au balcon au troisième étage. Pour les plus riches, il y avait des loges pouvant contenir de deux à sept personnes. Chaque loge était séparée des autres par des portes en bois où étaient dessinés des anges à la peinture dorée.
Au milieu du plafond pendait un immense lustre de cristal qui brillait comme de l'or. Sur les murs, des peintures représentaient les grands artistes du XVIIIe et des anges qui faisaient une ronde. Un grand rideau rouge et or cachait la scène.
 
Derrière le rideau, des hommes finissaient de préparer le décor.
Dans les coulisses, Maxou et Céline se retrouvaient enfin. Ils étaient heureux. Maxou dit à Céline :
- Il ne faut pas rigoler, il faut pleurer pendant la scène !
Ils se demandaient si Alexandra et Tonio allaient venir les voir...
Il y avait beaucoup de bruit dans la salle car les spectateurs riaient et parlaient fort. Dès qu'on frappa les trois coups, tout le monde se tut et le grand rideau s'ouvrit.
Dans le fond de la scène se trouvait une toile aux nuances grises et noires avec le dessin d'un immeuble à moitié détruit. Quelques morceaux de polystyrène cassés et teints symbolisaient les ruines des maisons. Des pantins déposés sur la scène représentaient les morts. Une fumée sombre et épaisse sortait de tuyaux situés dans les coulisses. Au centre du décor, un char brûlait.
Des comédiens imitaient la souffrance des gens de cette terrible guerre. D'autres, en uniformes, tenaient des armes. Des femmes priaient le ciel et serraient leurs enfants dans leurs bras. Des soldats tiraient et les villageois se protégeaient des balles de fusils.
 

En voyant le décor, les spectateurs s'imaginèrent la fin du monde.

Soudain un homme de l'armée frappa un villageois à coups de crosse. La pièce commençait. Elle promettait d'être terrifiante.
 
Céline et Maxou firent leur entrée sur scène sous un tonnerre d'applaudissements. Tonio et Alexandra ne pensaient pas les revoir aussi vite. Julian, assis à quelques mètres de là, se mit à applaudir et à crier de toutes ses forces.

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